Michele Prandi


Language [FR]

Italiano
English
Français


Menu

Home page
Curriculum
Recherche
Enseignements


Publications

Liste



Hobby

Home › Recherche

Recherche


Retour

Un tournant philosophique en linguistique: l’idée de Grammaire Philosophique

Les phrases présentent à la fois une structure formelle complexe et un signifié complexe. De ce fait, la grammaire ne peut pas se réduire à une description formelle, mais finit inévitablement par affirmer explicitement, ou par assumer implicitement, des hypothèses sur les facteurs qui rendent possible la connexion des signifiés complexes. Une séquence d’expressions signifiantes simples est à son tour une expression à condition d’avoir un signifié unitaire. Mais à quelles conditions une expression complexe a-t-elle un signifié unitaire ? Voilà la question sémiotique de base qui porte sur une expression linguistique complexe, à savoir, la question de la signifiance.

 
La Grammaire Philosophique n’est pas un nouveau modèle de grammaire lancé dans un marché surpeuplé, mais un style d’analyse des expressions complexes et de leurs signifiés unitaires explicitement axé sur la question de la signifiance, et donc des conditions formelles et conceptuelles qui rendent possible l’idéation des signifiés complexes, et de leur interaction.
Traditionnellement, la question de la signifiance reçoit deux réponses de sens opposé.
D’après le paradigme formel, les structures linguistiques sont autonomes tant de leurs contenus conceptuels que des fonctions sociales des Actes d’énonciation.
D’après le paradigme fonctionnel, les formes linguistiques sont des instruments au service des contenus conceptuels et des fonctions sociales, inséparables de celles-ci et formées par celles-ci.
Bien qu’opposés dans leurs conclusions, les deux paradigmes se fondent sur un présupposé commun : l’idéation des contenus complexes n’est l’oeuvre que d’un seul facteur. Ce présupposé est un cas particulier de ce qu’on pourrait appeler le présupposé de Thalès, selon lequel il n’y a qu’un principe premier à la base de tout phénomène complexe.
Si ce présupposé est juste, la question de la signifiance a la forme d’une question polaire, et ses réponses sont réciproquement exclusives. Ou bien la connexion des contenus complexes est l’oeuvre des structures formelles de la langue, ou bien les signifiés complexes sont des concepts complexes accessibles indépendamment des formes linguistiques : tertium non datur. Dans le premier cas, les concepts n’ont pas de structure en dehors de la mise en forme linguistique ; dans le second, les formes se réduisent à autant d’instruments d’expression au service de concepts indépendants.
Mais si le présupposé est faux, la question polaire sur la signifiance se dissout tout simplement. Si l’idéation des contenus complexes ne se fonde pas sur un premier principe, le fait de se demander si ce principe est formel ou fonctionnel n’a pas de sens.
L’idée de fond d’une Grammaire Philosophique est que l’idéation des contenus complexes n’est ni l’oeuvre de la connexion syntaxique, ni simplement l’expression de structures conceptuelles indépendantes, mais l’issue d’une interaction complexe entre un principe formel et un principe fonctionnel. Au lieu de s’exclure, les deux facteurs entrent en compétition en vue d’une tâche commune. Au lieu d’affirmer un principe premier une fois à jamais, on ouvre l’espace pour une typologie riche et hétérogène de formes d’interaction.
Une Grammaire Philosophique contient une grammaire des formes, du fait que les langues possèdent une forme et un pouvoir de mise en forme autonome, jusqu’à un certain point, des contenus conceptuels et des destinations fonctionnelles. Mais elle contient aussi une grammaire des concepts, du fait que les concepts portés à l’expression par les formes linguistiques possèdent une structure autonome, largement accessible indépendamment de telle ou telle expression.
La ligne de démarcation entre l’aire des formes autonomes et l’aire des fonctions instrumentales est marquée dans le terrain, pour ainsi dire, dans la structure des phrases signifiantes.
Chaque phrase a un noyau dont la charpente formelle ne se justifie pas à partir de fonctions externes, du fait que sa seule fonction est la construction d’un réseau solide de relations grammaticales pures, dépourvues de tout contenu substantiel et prêtes à en recevoir plusieurs. Comme la charpente d’une cathédrale, le noyau d’une phrase garde sa solidité structurale face au changement des destinations fonctionnelles. Les expressions appartenant aux couches périphériques, au contraire, ne se laissent intégrer dans une structure unitaire que dans la mesure où elles assurent une fonction instrumentale au service d’un contenu conceptuel donné.
Le noyau de la phrase est le territoire d’une légalité purement grammaticale, le lieu d’une grammaire des règles et des structures. Les couches périphériques renvoient par contre à un système d’options justifiées sur la base de leurs fonctions externes, et en premier lieu en tant que moyens d’expression de structures conceptuelles indépendantes. Elles appartiennent donc à une grammaire des options (Halliday). Dans le domaine d’une grammaire des règles, les formes et les constructions grammaticales sont les termes primitifs, qu’il faut prendre pour ce qu’ils sont et décrire avec des critères internes, à leur tour formels. Dans le domaine d’une grammaire des options, il faut d’abord identifier un système de structures conceptuelles partagées et décrire chacune avec des critères conceptuels autonomes. C’est seulement à ce point qu’il est sensé d’identifier, pur chaque relation conceptuelle, les ressources grammaticales capables de la porter à l’expression.
Presque toutes les structures qui sont à la fois instrumentales, identifiées par leur contenu conceptuel et soumises au choix peuvent être aussi bien spécifiées à l’intérieur d’une phrase que déplacées à l’extérieur, dans une dimension textuelle. Cela montre que la connexion grammaticale, quand elle est instrumentale, est elle-même une option, en compétition avec des stratégies textuelles fondées sur la cohérence et la cohésion, au niveau tant de la phrase simple que de la phrase complexe.
Du fait que plusieurs tâches fonctionnelles instrumentales peuvent compter sur des options textuelles au même titre que sur des options grammaticales, l’étude des stratégies textuelles trouve sa place à l’intérieur d’une description grammaticale fonctionnellement adéquate.
    Une exposition exhaustive du style de recherche appelé Grammaire Philosophique, de ses présupposés théoriques ainsi que de ses  implications sémiotiques et de ses retombées empiriques se trouve dans la monographie The Building Blocks of Meaning, John Benjamins, Amsterdam-Philadelphie, 2004 (Compte rendu de G. Kleiber in Bulletin de la Société Linguistique de Paris, C, 2, 2005: 97-100).



Retour

Les conflits conceptuels

L’idée d’une grammaire philosophique a été inspirée par une observation soignée des contenus complexes conflictuels, par exemple, Dorment les sommets des montagnes (Alcmane). Traditionnellement stigmatisés par les linguistes et les philosophes comme des énoncés déviants, et laissés aux marges du courant principal de la description linguistique et de la réflexion sur le langage, les signifiés complexes conflictuels représentent en fait le point d’observation idéal sur les racines de la signifiance.
Chaque fois qu’une interaction a lieu, deux issues sont admises : la coopération et le conflit. Corrélativement, tant le conflit que la coopération demandent la présence de facteurs autonomes en compétition. L’avantage méthodologique du conflit sur la coopération est sa capacité de rendre parfaitement visibles les facteurs en compétition. Le signifié d’une phrase comme Le paysan a tué le coq est cohérent. Le réseau de relations imposé par la structure syntaxique formelle de la phrase au concepts atomiques se superpose parfaitement au réseau de relations cohérentes entre ces mêmes concepts. La compétition entre la mise en forme linguistique et la forme d’un modèle conceptuel autonome reste cachée. L’invitation de Marinetti à tuer le clair de lune, au contraire, construit un signifié complexe dépourvu d’un modèle indépendant dans le monde des concepts cohérents. Les facteurs de la signifiance en compétition – les formes syntaxiques et les relations conceptuelles cohérentes – sont mis en relief.
Un signifié complexe conflictuel est en premier lieu un signifié dont la structure interne a la force d’unifier les partie dans un tout. Dans notre exemple, la lune est investie du rôle de patient en tant qu’objet direct du verbe assassiner. Même si ce rôle ne lui convient pas sur le plan conceptuel, la lune ne peut pas y échapper. La possibilité formelle du conflit conceptuel montre par delà tout doute que les structures syntaxiques formelles ont le pouvoir de connecter les concepts comme un moule rigide. Toutefois, cela n’implique pas qu’on coule dans le moule une substance conceptuelle amorphe. Tout au contraire, la présence du conflit est la preuve que les concepts sont organisés dans des réseaux autonomes sur la base du principe de cohérence. Donc, la possibilité formelle du conflit prouve que tant les expressions linguistiques que les concepts cohérents ont chacun une organisation syntaxique, et que deux principes opposés et complémentaires interagissent dans la connexion des signifiés complexes.
Une enquête dans le domaine des signifiés complexes conflictuels prouve que le langage n’est ni un système purement formel insensible à la substance des concepts ni un pur et simple instrument au service de concepts indépendants et de fonctions sociales. Le langage est en même temps un système formel et un instrument d’idéation et de communication. Une fois que les facteurs de la signifiance et leur compétition ont été isolés grâce à l’observation des conflits conceptuels, le même style d’analyse  peut être appliqué aux signifiés cohérents. En cas de conflit comme en cas de coopération, les facteurs en jeu sont les mêmes.
L’idée que les signifiés complexes conflictuels offrent un point de vue stratégique sur les bases de la signifiance a été exposée et appliquée à l’analyse de la phrase simple dans la monographie Sémantique du contresens, Les Editions de Minuit, Paris, 1987.




Retour

Métaphores et figures

L’étude linguistique des signifiés conflictuels ouvre une nouvelle perspective à l’étude des métaphores et, plus en général, des figures, qui sont considérées en premier lieu comme des stratégies de valorisation textuelle des conflits conceptuels.
La distinction entre contradiction et incohérence bâtit sur un terrain solide la distinction entre l’oxymore, la figure de la contradiction, et les figures du conflit conceptuel substantiel, à savoir la métaphore, la métonymie et la synecdoque.
La métaphore, la métonymie et la synecdoque sont ensuite séparées sur la base de leur attitude envers le conflit. Tant la synecdoque que la métonymie sont des stratégies pour contourner le conflit ; la métaphore, au contraire, le valorise comme un instrument pour transférer les concepts dans des domaines étrangers et pour déclencher une interaction entre concepts hétérogènes. L’expression Il épouserait une grosse dot (Zola) est conflictuelle. Mais si nous pensons qu’en fait l’homme en question va épouser une femme qui lui apporte une grosse dot, le conflit disparaît. Reste un effet violent de déformation de l’état de choses qui se change en critique sociale au vitriol, mais sa structure n’est pas touchée. La métaphore suit un chemin opposé. Un énoncé comme La lune rêve (Baudelaire) ne nous demande pas de découvrir une relation cohérente entre la lune et le rêve capable de dissoudre le conflit, mais de découvrir, grâce au conflit, dans quel sens la lune se change dans un être humain qui rêve.
Par delà leurs histoires interprétatives spécifiques, les conflits conceptuels présentent une structure grammaticale ouverte à la description empirique, qui n’est pas la même pour la métaphore, la métonymie et la synecdoque.
Alors que la linguistique cognitive privilégie la couche de concepts métaphoriques cohérents et partagés qui alimentent notre pensée spontanée, la Grammaire Philosophique met l’accent d’une part sur le rôle du conflit, et donc des formes syntaxiques, dans la mise en place des figures vives dans les textes, et de l’autre sur le rôle de la pensée cohérente dans leur interprétation.
Comme les figures du plan du contenu, les figures du plan de l’expression, du phonosymbolisme, au vers, aux figures dites de construction, sont vues comme autant de formes de valorisation des ressources linguistiques aux différents niveaux.
Les figures du contenu valorisent l’autonomie des structures syntaxiques nucléaires vis-à-vis de la cohérence de leurs contenus, et leur capacité de connecter les concepts dans des relations inattendues jusqu’au conflit. Les figures du plan de l’expression enrichissent le message en valorisant le pouvoir symbolique des sons, les rythmes et les dispositions de constituants par delà les fonctions instrumentales codifiées. Les dispositions de sons, par exemple, donnent une contribution spécifique au message par delà la fonction distinctive.
Ces idées ont été illustrées pour la première fois dans la monographie Grammaire philosophique des tropes, Les Editions de Minuit, Paris, 1992, et puis développées sans solution de continuité dans plusieurs publications en français, en italien et en anglais. En ce moment, je travaille à une monographie en anglais sur le discours figuré dans le cadre de la Grammaire Philosophique.



Retour

Les relations transphrastiques

Les relations transphrastiques représentent le chapitre le plus riche et novateur d’une grammaire des options modelée sur un système de relations conceptuelles partagées et ouverte aux ressources tant grammaticales que textuelles.
Les relations transphrastique ne coïncident pas avec le signifié d’une poignée de phrases subordonnées, voire de conjonctions, mais forment un réseau cohérent de relations conceptuelles entrelacées. Leur expression n’est pas limitée à la phrase complexe, mais s’ouvre sur un éventail impressionnant d’options, en partie grammaticales et en partie textuelles, caractérisées par des degrés différents de codage, du sous-codage au surcodage.
En cas de sous-codage, le travail inaccompli est achevé par le raisonnement cohérent, l’inférence, supporté par un réseau de structures conceptuelles cohérentes et partagées auxquelles l’usager de la langue a un accès indépendant de telle ou telle forme d’expression. En cas de surcodage, l’expression ne se limite pas à coder une relation conceptuelle indépendante, mais elle lui impose un profil conceptuel ou une modulation spécifiques, inséparables de la forme d’expression.
La réflexion sur les degrés de codage offre une base solide à la distinction entre les structures conceptuelles, qui sont accessibles indépendamment de l’expression, et les structures sémantiques, qui coïncident avec le signifié de formes d’expression spécifiques.
Le cas le plus intéressant et riche de relation conceptuelle transphrastique est le but, qui bénéficie de centaines de formes d’expression grammaticales et textuelles, enrichies d’un nombre impressionnants de noms encapsulateurs - tels que but, objectif, intention, désire, rêve – qui peuvent être incorporés tant dans des locutions prépositionnelles que dans des adverbiaux anaphoriques. L’étude du but a fait l’objet d’un projet conjoint avec Gaston Gross et le LLI (Laboratoire de Linguistique Informatique, maintenant LDI, Lexique, Dictionnaires, Informatique) de l’Université Paris XIII e du CNRS.
Ces idées sont développées dans un numéro monographique de Studi Italiani di Linguistica Teorica e Applicata, XXV, 1, 1996: La subordinazione non completiva: un frammento di grammatica filosofica, et dans les monographies La finalité: fondements conceptuels et genèse linguistique, De Boeck – Duculot, Bruxelles, 2004 (avec Gaston Gross) et La finalità. Strutture concettuali e forme di espressione in italiano, Leo S. Olschki, Florence, 2005 (avec Gaston Gross et Cristiana De Santis).



Retour

Une grammaire raisonnable pour la didactique

Le style de recherche de la Grammaire Philosophique offre les bases pour une rationalisation de la grammaire destinée à l’enseignement. Des concepts tels que règles et options, relations grammaticales et relations conceptuelles, codage et inférence, habiletés linguistiques et habiletés cognitives, permettent de rendre transparente et accessible l’analyse des phrases simples et complexes, et d’explorer la continuité fonctionnelle entre phrase et texte.
L’idée d’aborder les relations grammaticales nucléaires et les relations conceptuelles marginales avec des critères différents, grammaticaux et formels dans le premier cas, conceptuels et textuels dans le second, permet de sortir de l’impasse d’une analyse logique suspendue entre formes et notions, et d’identifier une hiérarchie dans laquelle les relations conceptuelles prennent peu à peu le relais des relations grammaticales.
L’idée que les mêmes tâches fonctionnelles sont ouvertes tant aux structures grammaticales à l’intérieur d’une phrase qu’à des chaînes textuelles cohérentes permet d’acquérir l’habileté active d’utiliser les différents instruments. Au lieu d’appliquer aveuglement quelques modèles, l’étudiant est appelé à évaluer de larges éventails d’options pour faire des choix appropriés et conscients.
L’étude du texte n’est plus une appendice étrangère à la grammaire ; à partir de l’identification de tâches fonctionnelles partagées, les options textuelles basées sur la cohérence et la cohésion sont traitées au même titre que les options grammaticales.
Après le manuel pour les Lycées Grammatica della lingua italiana, Petrini, Turin, 1990, j’ai publié une grammaire de l’italien pour l’Université, destinée en premier lieu aux étudiants et aux enseignants : Le regole e le scelte: introduzione alla grammatica italiana, Utet, Turin 2006.




Retour

Le lexique et la terminologie

Une approche de la sémantique lexicale dans le style de la Grammaire Philosophique porte à s’interroger sur les doubles racines, formelles et conceptuelles, des signifiés lexicaux. En particulier, il est stratégique de définir, pour chaque signifié atomique, dans quelle mesure sa structure dépend des structures lexicales formelles spécifiques de la langue, et dans quelle mesure elle reflète une catégorisation cognitive indépendante partagée par delà les frontières linguistiques.
Le lexique d’une langue naturelle contient deux types idéaux de concepts : des concepts endocentriques, dont l’identité dépend de façon critique des structures lexicales spécifiques, et des concepts exocentriques, solidement ancrés dans une catégorisation indépendante des objets d’expérience, facilement transférables d’une langue à l’autre.
Les lexèmes qui véhiculent des concepts exocentriques identifient, dans le lexique d’une langue, une couche de terminologie naturelle, qui fonctionne comme trait d’union entre le lexique et les terminologies de spécialité, permettant aux deux disciplines de bénéficier d’outils méthodologiques partagés.
Les termes de spécialité connectent un signifiant et un signifié comme tout autre signe. Leur spécificité ne réside donc pas dans la structure mais dans les conditions de leur partage : non par une communauté linguistique, mais par une communauté artificielle qui contient différents groupes appartenant à plusieurs communautés linguistiques.
Pendant mon enseignement à l’Ecole Supérieure pour traducteurs et Interprètes de Bologne-Forlì, j’ai collaboré avec le Laboratoire de Recherche Terminologique dirigé par M. Franco Bertaccini. Maintenant, je fais partie du Centre de Recherche Terminologique Multilingue (Ce.R.Te.M.) de la Faculté de Langues Modernes de l’Université de Gênes.

 
Retour

Les études dialectales

Né à Pendolasco (maintenant Poggiridenti), un village perché au milieu d’un vignoble acrobatique en terrasses sur le côté ensoleillé de la Valteline, dans les Alpes lombardes, je suis un locuteur natif d’un dialecte Gallo-Roman.
Avec un groupe de collègues linguistes et d’amateurs d’études dialectales actifs dans le territoire, j’ai fondé l’Istituto di Dialettologia e di Etnografia Valtellinese e Valchiavennasca – IDEVV – qui se propose d’organiser des séminaires de formation et de garantir la supervision scientifique à la rédaction de dictionnaires et d’inventaires de toponymes.
Ma contribution au travail lexicographique se base sur l’idée de ‘mettre davantage de grammaire dans les dictionnaires’, et notamment dans la définition des verbes et des autres concepts relationnels. Dans ce but, j’ai prédisposé un modèle de description pour les verbes, que j’ai illustrée dans ses bases méthodologiques et exemplifié dans l’article « Proposte per la trattazione delle voci verbali in un dizionario dialettale: l’esempio di far nel dialetto di Bormio », Bollettino Storico Alta Valtellina 3, 2000: 349-368. Ce modèle a été appliqué par M. Emanuele Mambretti dans la rédaction d’un Dictionnaire du dialecte de Livigno, une langue  qui a été étudiée, entre autres, par Rohlfs, Huber et Longa. Le dictionnaire paraîtra en 2010.
J’ai aussi étudié un cas de morphologie dérivationnelle particulièrement productrice dans nos dialectes, à savoir les noms composés de structure verbe-nom : « Creatività controfattuale: la motivazione concettuale dei composti verbo-nome nei dialetti valtellinesi », in M. Pfister, G. Antonioli (eds.), Itinerari linguistici alpini. Atti del convegno di dialettologia in onore del prof. Remo Bracchi, Bormio 24-25 settembre 2004, IDEVV – Istituto di Dialettologia e di Etnografia Valtellinese e Valchiavennasca, Sondrio; Lessico Etimologico Italiano (LEI) – Arbeitsstelle der Akademie der Wissenschaften und der Literatur, Mainz 2005: 357-377.
Un autre domaine de recherche est le phénomène de la deixis ancrée dans le milieu, vitale dans les petites communautés dialectales, surtout dans les aires de montagne. Cette idée a été illustrée dans l’essai « La deissi ambientale », Postfazione a Franca Prandi,
Inventario dei toponimi valtellinesi e valchiavennaschi - Territorio comunale di Poggiridenti, Società Storica Valtellinese, Sondrio 2004. Une version française est « Le dialecte comme langue d’un territoire : la deixis ancrée dans le milieu », in S. Mejri (éd.), L’arabe dialectal: enquêtes, descriptions, interprétations, Cahiers du C.E.R.E.S., Série Linguistique 13, Tunis 2006: 387-394. Une version plus élaborée est « Un capitolo esclusivo della grammatica dei dialetti: la deissi ambientale », in G. Garzone, R. Salvi (eds.), Linguistica, linguaggi specialistici, didattica delle lingue. Studi in onore di Leo Schena, CISU, Rome, 2007: 61-72.

 

Last Update: 26/06/2009